Résumé

Charles Nordmann Revue scientifique - Le Choléra…

L’an dernier, à Saint-Cloud, MM. Violle et Poitevin trouvaient un microbe identique au vibrion vrai du choléra.
Il pouvait déchaîner une épidémie, il ne le fît point ! Pourquoi ? C’est là le secret du génie épidémique.
Ces microbes sont comme des nihilistes, reconnus, identifiés loin de leur patrie. Ils n’ont commis aucun crime, mais ils le pouvaient faire ; c’est une bombe qui a avorté.
Le vrai choléra se trouve aux Indes ! L’Europe lui est trop inhospitalière, il ne se trouve point dans son élément ; il ne tue point comme en Asie sa patrie.
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Pourquoi ces vibrions sont-ils dangereux ? Nous avons dans le tube digestif des milliards de milliards de bacilles, et nous nous portons à merveille. Mais le vibrion n’agit pas seulement par sa présence, par une action mécanique : il sécrète encore, si petit soit-il, une substance très active, une sorte de poison mal déterminé jusqu’ici, et la réunion de ces milliards de petites sécrétions forme finalement une grande quantité de poison, que l’on appelle toxine, et qui, résorbé par l’intestin, tue l’individu.
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Le foie, au contraire, joue un rôle d’arrêt. Cette glande volumineuse, pesant plus de 1 200 grammes chez l’homme, sécrète une grande quantité de bile qu’elle verse dans l’intestin par un canal, le cholédoque qui y débouche immédiatement après l’estomac, neutralise ainsi beaucoup de poison, et entrave nettement le développement du vibrion ; mais s’il y a arrêt dans la production de la bile, ou si le canal empêche la bile de se déverser dans l’intestin, l’animal qui a reçu une quantité infime de vibrions meurt d’une attaque typique du choléra.
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