Résumé

Portrait de Abel Hugo Abel Hugo L’Heure de la mort, par Abel Hugo

Le père de la jeune fille lui rappela qu’elle était son amante ; elle-même rougit et lui rappela qu’elle était sa fiancée ; la propre mère d’Albert, sa vieille mère, qui espérait réjouir ses yeux mourans par le spectacle du bonheur de son fils unique, lui rappela aussi les premiers amours et les premiers désirs de sa jeunesse. Il demeura indifférent à l’amitié d’un père, à l’amour d’une amante, à la tendresse d’une mère, l’œil fixé sur cette heure immobile vers laquelle il était chaque jour de plus en plus entraîné.
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Portrait de Abel Hugo Abel Hugo L’Heure de la mort, par Abel Hugo

Un mois lui restait encore pour aimer sa famille, et pour veiller à ses destins quand il serait éternellement séparé d’elle. Sa prudence prévoyante établit l’ordre dans ses affaires, et, débarrassé des inquiétudes matérielles du monde, résigné à son sort, il attendit l’heure marquée avec une indifférence stoïque. La certitude de sa mort prochaine rendait la tranquillité à son ame, comme aurait fait un malheur long-temps redouté et arrivé enfin.
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Portrait de Abel Hugo Abel Hugo L’Heure de la mort, par Abel Hugo

Albert se leva, et, cherchant un abri contre l’eau qui tombait par torrens, il vit la porte de l’église entr’ouverte, il y entra.
L’église était sombre et humide ; les rapides éclairs, qui traversaient les vitraux coloriés, éclairaient seuls les tombes de pierre des anciens chevaliers et l’autel profané du Christ. Le jeune guerrier ne put, en se voyant solitaire dans ce triste lieu, se défendre d’un mouvement de terreur que la raison ne peut empêcher les sens de percevoir.
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