André Baillon

Résumé

André Baillon,  Europe

“ De la poésie frelatée et inconsistante des Sonnets macabres et des contes du Thyrse — fastidieux plagiats des tics symbolistes ou diaboliques — Baillon passe, sans transition, à une œuvre personnelle et déjà solidement charpentée.
À la vérité, La Dupe est un peu floue ; l’objectif n’est pas encore au point. Le style qui ne manque pas d’équilibre n’atteint pas à la dramatique concision des livres de la maturité. Les aventures financières et amoureuses de Daniel, en dépit des efforts du conteur, ne nous émeuvent pas.
”
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André Baillon,  Europe

“ Ils bousculaient le jeune homme sans paraître le voir. Rosine aussi semblait l’oublier. Riant avec l’un ; plaisantant avec les autres, la riposte sur les lèvres dans un wallon qu’il ne comprenait pas, elle tirait les boissons, les lui tendait par-dessus le comptoir, l’affolait de ses ordres. Et tandis qu’il épanchait maladroitement la bière sur le plateau, qu’il s’embrouillait dans ses comptes, il croyait surprendre dans le regard de ses clients un peu d’hostilité avec une pointe de malice. ”
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André Baillon,  Europe

“ Quelquefois, un passant se présentait hâtivement au comptoir, demandait une grande goutte et filait en s’essuyant les moustaches du revers de la main. Daniel n’avait pas le temps de commencer un entretien. D’autres restaient plus longtemps, les ivrognes surtout dont il s’humiliait de devoir écouter les bavardages. Rarement venait un groupe d’ouvriers dont l’air plus sérieux, la lavallière et certaine finesse dans la tenue, trahissaient des soucis plus intellectuels. Daniel écoutait leur conversation, les interrogeait sur leur rêve. ”
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