André Rivoire,
Revue des Deux Mondes
“ Premier baiser, où l’on dit tout, sans rien se dire !... Un moment, on s’attarde au vieux geste enfantin D’étirer ses bras nus dans l’air frais du matin, Avant de retrouver la tâche coutumière... Puis, les volets qu’on pousse et, soudain, la lumière !... Le bleu pur de l’espace et l’or neuf du soleil Qui saute dans la chambre en un grand bond vermeil !... Ces jours-là, de la joie, au loin, semble s’étendre... Ou bien le ciel est gris, l’âme est frileuse et tendre, Autour de vous, en vous, tout parait s’amortir, Dans les bras l’un de l’autre on traîne à se blottir... ”
