Résumé

Portrait de Fernand Séverin Fernand Séverin Parnasse de la Jeune Belgique

Combien chères en vous, bouquets élus d’enfance,
Frères en rêve pur qui n’oserez mourir,
Ces blessures du cœur, si lentes à guérir !
Suaves patients embellis par l’offense,
D’où rayonne sur vous ce charme des douleurs
Et fleurit en vos yeux l’angoisse en pâles fleurs ?
Ah ! d’où surtout vous vient cette beauté de l’âme,
Et sur votre chair pâle où le mal est inscrit
Quelle haine drapa le blanc manteau du Christ ?
Nous ne savons qui c’est de l’homme ou de la femme
Dont la jeune beauté vous voisine le plus,
Et nous songeons au fruit des couples dissolus.
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Portrait de Fernand Séverin Fernand Séverin Parnasse de la Jeune Belgique

Je t’aime, mais ton âme, enfant, est de ces âmes
Si pleines de désir et si chaudes d’espoir,
Que je me jugerais criminelle le soir
Où mes lèvres enfin se colleraient aux tiennes
Et, dans l’embrasement des voluptés païennes,
Aspireraient d’un trait ta force et ton orgueil.
Reste vierge, et grandis dans l’attente et le deuil,
Et que la songerie éparse en tes yeux vagues
Soit pleine d’un lever de glaives et de dagues !
C’est toi qui raviras les rares toisons d’or
Qui seules, aujourd’hui, sont à ravir encor
Loin des pays conquis et des bornes atteintes.
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Portrait de Fernand Séverin Fernand Séverin Parnasse de la Jeune Belgique

Le soir où nous mourrons des affres de la chair,
Vaguement consolés de prières pleurées,
Pour nous ôter enfin d’un ici-bas amer
Les hymnes descendront des calmes empyrées.
Le cher soleil qui vit nos premiers pas joyeux
Pressentira, d’amour, venir notre agonie,
Et, plus doux, cette fois, au baiser de nos yeux,
Attardera sur nous sa caresse infinie.
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