Résumé

Portrait de André Theuriet André Theuriet Poésie — La Ferme du Val-Clavin

Endormait deux enfans contre son sein pressés.
Les pleurs, la pauvreté, les soucis et les veilles
Avaient fané son front et ses lèvres vermeilles ;
Ce n’était plus la fille encor vierge d’amour,
Courant en robe neuve aux fêtes d’alentour :
Son bonheur était mort, l’amour fuyait loin d’elle,
Comme s’enfuit aux jours d’automne l’hirondelle,
Car l’amour est pareil à ces pavots des champs :
On en cueille la fleur, elle s’envole, aux vents.
Plus de baisers bruyans, plus de folles ivresses !
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Portrait de André Theuriet André Theuriet Poésie — La Ferme du Val-Clavin

Goutte à goutte tombait comme tombent des pleurs.
Un brouillard argenté glissait sur les prairies,
Les étoiles dardaient leurs lumières chéries
Et contemplaient la terre avec de bleus regards, —
Et ces chants étouffés, ces murmures épars,
Frais soupirs du printemps, notes harmonieuses,
Montaient comme un concert d’amours mystérieuses.
Écartant les rameaux serrés d’un noisetier,
Sur le bord du ruisseau fait d’humide gravier,
Un jeune homme parut : — Est-ce toi, Madeleine ?
Dit-il. — La jeune fille, émue et hors d’haleine,
Se jeta dans ses bras.
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