Maurice Bouchor,
Les Poëmes de l’amour et de la mer
“ Et me maudirez-vous de les jeter au vent Pour la foule, insensible à mon chant triste et tendre, Qui passe bruyamment sans voir et sans entendre. C’est dans de longs regards qu’autrefois vous lisiez ; Nos cœurs épanouis comme de frais rosiers S’effeuillaient doucement par les soirs pleins d’étoiles ; Et l’avenir, couvert d’impénétrables voiles, Mystérieux pour nous jusques au dernier jour, L’avenir où dormait l’oubli de tant d’amour, Ne troublait pas le charme infini de nos rêves. ”
