Résumé

Portrait de Maurice Bouchor Maurice Bouchor Les Poëmes de l’amour et de la mer

Et me maudirez-vous de les jeter au vent
Pour la foule, insensible à mon chant triste et tendre,
Qui passe bruyamment sans voir et sans entendre.
C’est dans de longs regards qu’autrefois vous lisiez ;
Nos cœurs épanouis comme de frais rosiers
S’effeuillaient doucement par les soirs pleins d’étoiles ;
Et l’avenir, couvert d’impénétrables voiles,
Mystérieux pour nous jusques au dernier jour,
L’avenir où dormait l’oubli de tant d’amour,
Ne troublait pas le charme infini de nos rêves.
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Portrait de Maurice Bouchor Maurice Bouchor Les Poëmes de l’amour et de la mer

Non, les baisers d’amour n’éveillent point les morts !
Baise l’amour vivant de ta lèvre divine ;
Et le dernier soupir que rendra ta poitrine
Ne sera point chargé d’inutiles remords.
Non, les baisers d’amour n’éveillent point les morts.
N’en crois pas là-dessus les ballades anciennes !
Chantez, chantez toujours, lèvres musiciennes,
La chanson des amours qui vivent sans remords.
On ne fait point l’amour dans le lit froid des morts !
On ne se cherche pas des yeux dans la nuit noire.
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Portrait de Maurice Bouchor Maurice Bouchor Les Poëmes de l’amour et de la mer

Souviens-toi comme hier, quand je te dis : « Tu pleures,
Et pourquoi pleures-tu quand nous nous aimons tant ? »
Un sourire passa sur ta bouche, emportant
La tristesse d’un cœur qui contient trop de choses.
Et tes lèvres de pourpre étaient deux belles roses
Qui me tentaient la bouche et riaient à plaisir.
Comme un avare, j’ai prolongé mon désir,
Muet, t’enveloppant d’un regard tout entière ;
Tes beaux cheveux étaient inondés de lumière,
Et tes yeux à travers tes cheveux emmêlés
Apparaissaient — comme des bluets dans les blés !
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