Résumé

Portrait de Francis Bacon Francis Bacon Essais de morale et de politiqueChapitre XXVI

C’est un spectacle assez plaisant, et même ridicule pour un homme judicieux, de considérer leur manège, et de voir avec quel art ils se mettent, pour ainsi dire, en perspective, pour donner à une simple superficie l’apparence d’un corps solide. Quelques-uns sont si retenus et si réservés, qu’ils n’étalent jamais leur marchandise au grand jour, ils feignent toujours d’avoir quelque chose en réserve ; et lorsqu’ils ne peuvent se dissimuler qu’ils parlent de choses qui excèdent leur capacité, ils tâchent de paraître les savoir, mais les taire seulement par prudence.
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Portrait de Francis Bacon Francis Bacon Essais de morale et de politiqueChapitre XXVI

Si nous devons en croire l’opinion commune, les Français sont plus sages qu’ils ne le paroissent, et les Espagnols le paroissent plus qu’ils ne le sont. Quoi qu’il en soit des nations, à cet égard, cette distinction peut être appliquée aux individus. Car l’apôtre, en parlant des faux dévots, dit qu’ils n’ont que les apparences et les dehors de la piété, sans avoir les effets et la réalité. Tels sont aussi, en fait de prudence et de capacité, les hommes que nous avons en vue dans cet article ; ils ont le talent de ne faire, avec beaucoup d’appareil et de gravité, rien du tout, ou presque rien.
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Comme l’âme humaine regarde, pour ainsi dire, tous les objets à travers ce corps auquel elle est unie, elle est naturellement portée à attribuer à ces objets qu’elle considère, les perfections ou les défauts de sa lunette ; et l’homme, lorsqu’il est mal disposé, croyant voir sur tous les objets la tache qui est dans son œil, ses discours tachent tout.
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