Résumé

Grote. — La vie intime de Grote

J’ai vu Mill chez Ricardo, et j’espère, si je le fréquente, recueillir à la fois du plaisir et de l’instruction ; c’est un penseur profond, il me paraît en même temps assez disposé à se répandre ; enfin il est intelligible et clair. Son esprit a, j’en conviens, ce cynisme et cette dureté qui distinguent l’école de Bentham : ce que surtout je n’aime pas en lui, c’est l’amour qu’il a à insister sur les imperfections des autres, même des plus grands. Mais il est si rare de rencontrer sur son chemin un homme de cette profondeur, que je m’empresserai de le cultiver.
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Grote. — La vie intime de Grote

Comme Stuart Mill, il eut son roman, il aima. La confidence nous en est faite aujourd’hui par celle même qui sut lui inspirer un si profond attachement. Deux années durant, miss Harriet Lewis, qui est devenue mistress Grote, fut séparée de lui par une exigence de famille : et il fallut acheter, par une longue attente, l’heureuse issue d’une espérance qui jamais n’avait été abdiquée. Il était à craindre que, dans cet intervalle, partagé entre ses idées et sa passion, Grote fût un « Benthamiste » selon la lettre plutôt que selon l’esprit.
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Grote. — La vie intime de Grote

James Mill battait en brèche les deux Revues des torys et des whigs, Bentham demandait une refonte de la législation ; tous s’accordaient à réclamer une nouvelle loi électorale et un nouveau système d’éducation. La philosophie proprement dite n’occupait guère alors que le second rang. Comme les autres, Grote se laissa entraîner aux vifs débats qui passionnaient l’opinion : il écrivit sur la Réforme parlementaire, fit des articles pour les Revues, concourut à fonder la libérale Université de Londres
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