Résumé

Portrait de Jean Grave Jean Grave Le Fétichisme de la loi

C’est pourquoi le Figaro, en tant que défenseur des privilégiés, a tort de déclarer que la conscience individuelle est au-dessus des lois. Pour un partisan de la légalité, il n’y a, il ne peut y avoir de lois injustes ! La loi est sacrée, la loi est juste, la loi est sage, par le fait qu’elle est la loi. C’est faire acte de révolte que vouloir la discuter, c’est le commencement de l’insubordination. Tout ordre discuté n’est qu’à moitié exécuté ; il n’y aurait plus aucune loi d’applicable du jour où chaque individu voudrait la raisonner selon sa propre conception.
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N’est-ce pas le propre des légalistes les plus outrés de gueuler comme des putois lorsque la loi les écorche, de ne jamais la trouver assez féroce lorsqu’il s’agit de réduire des ennemis ?
Et cela s’explique du reste, c’est que les lois sont tout ce qu’il y a de plus arbitraire au monde. Elles résument l’esprit d’un moment, les aspirations d’un parti, l’opinion moyenne d’une nation, mais, étant faites par des hommes, elles participent de leurs passions, de leurs défauts, de leurs qualités, si ceux qui les ont faites étaient sincères
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Il en est de même des progrès de l’évolution humaine. Plus un cerveau a de points de concordance de ses facultés internes avec des relations externes, plus il est à même d’en acquérir de nouvelles, et plus se fait vite cette adaptation de ses conquêtes nouvelles. Il a fallu des milliers d’années pour mettre bas l’autorité du sabre, l’autorité de droit divin qui s’étayaient l’une l’autre, un siècle a suffit pour lézarder l’autorité du nombre et de l’argyrocratie.
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