Résumé

La Liberté différée (1866)

LIBERTÉ DIFFÉRÉE
A cette heure, décembre 1865, l'Empire entre dans la quatorzième année de sa glorieuse et bienfaisante carrière. Où que l'on jette les regards, au dehors et à l'intérieur, partout le spectacle est superbe, et certes, ceux qui aiment l'Empereur et son gouvernement ont le droit d'être fiers. L'Europe attentive a les yeux fixés sur la France et son chef; tout se fait par eux et avec eux ; ils dominent, et cela sans contrainte, par la sagesse seule qui préside à leurs déterminations.
Source : Gallica

La Liberté différée (1866)

Au reste, que l'on ne s'y trompe pas, le peuple sait cela; il n'en doute pas, il en est sûr ; il compte sur l'Empereur, il s'appuie sur lui de tout son poids. C'est qu'en voyant ce qui lui manque, le peuple voit également ce qu'on doit, ce qu'on pourra lui donner.
La démocratie est patiente parce qu'elle est sûre de l'avenir. Et pourquoi est-elle sûre de l'avenir? C'est qu'elle ne perd pas de vue l'Empereur dont elle voit les actes et pressent les intentions bienveillantes.
On ne troublera jamais plus la démocratie par des mots plus ou moins sonores. La liberté est un de ces mots
Source : Gallica

La Liberté différée (1866)

L'Empereur la reçut, pansa ses plaies, et peu à peu lui rendit l'usage de ces armes dangereuses qui avaient failli la tuer.
Aujourd'hui, on réclame la liberté, et cela de deux façons : les uns la veulent immédiate ; les autres comme couronnement de l'édifice. Les partisans de la liberté immédiate, tout à coup, sans conditions, sans préambule, sont des ennemis ou des amis maladroits. C'est tout un; inutile en conséquence de discuter leur aspiration puisqu'elle ruine, puisqu'elle sape, et que, pour ses oeuvres, il lui faut la liberté pour arme, ou plutôt pour levier.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature