Résumé

Paul Abadie Paroisse Saint-Michel de Bordeaux…

Comme monument, elle est le phare qui, du plus loin, annonce la ville et en caractérise le plus l’aspect.
Supprimez la tour de Saint-Michel, et Bordeaux devient aussi méconnaissable de loin que la ville de Saint-Denis l’est devenue par la perte du clocher de sa cathédrale. Saint-Denis n’existe plus pour le voyageur, depuis que sa flèche a disparu. Le voyageur ne reconnaîtrait plus Bordeaux, si l’on supprimait la tour de Saint-Michel. Pour qui approche de Bordeaux, c’est l’édifice principal ; il domine tout, il attire à lui seul toute l’attention.
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Paul Abadie Paroisse Saint-Michel de Bordeaux…

Les Anglais, auxquels par erreur on a attribué longtemps la construction des plus magnifiques monuments qu’on admire dans la Guyenne et dans quelques provinces limitrophes, n’ont jamais pris part au mouvement qui s’est fait dans l’art au XIIIe siècle, dans ce qui était alors la France, c’est-à-dire le domaine royal. Peu artistes par nature, ils pratiquaient en Angleterre l’art roman que les Normands y avaient porté.
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Paul Abadie Paroisse Saint-Michel de Bordeaux…

Examinons maintenant si la tour de Saint-Michel, parce qu’elle est d’un style généralement peu goûté par les archéologues puristes, ne doit pas exciter la sollicitude des amis des arts, du Gouvernement et de la ville de Bordeaux.
La Guyenne ne possède aucun édifice important du XIIIe siècle ; on n’y rencontre ce style que par fragments ; encore n’y est-il le plus souvent que du Roman élancé, avec une certaine modification dans le galbe de ses chapiteaux, quelquefois aussi dans l’esprit de son ornementation ; mais la transformation n’a jamais été complète.
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