“ Dans les textes cités truis, vois, estois sont toujours écrits par s, jamais par c, ch ni z. On ne saurait admettre non plus que l’s de la 1re pers. sing. de l’indic. prés. soit due simplement à l’action par analogie exercée par truis, vois etc, même si on joignait à ces verbes ceux en is (isco) ; on n’expliquerait pas ainsi les différences signalées plus haut entre les radicaux à consonnes et ceux terminés par des voyelles. Avant de chercher à expliquer l’assibilation de la dentale en dialecte picard, nous dirons quelques mots d’un phénomène analogue que présente le parfait. ”
Citations de Romanische Studien Volume 5 ()
“ Le radical de tous ces verbes se termine par une dentale ; le z répond donc ici au c, ch des textes picards. On trouve de plus ainz (amo) il faut comparer avec, ainc, ainch de Rich. li biaus : Amis 1915, 2875, Jourdains 2125, 1714, 1001 ; ajoutez-y crienz (tremo) Jourd. 159. Enfin ce qui achève de prouver que le même phénomène linguistique rendu par c, ch dans Aiol et Rich. li biaus est traduit dans Amis et Jourdains par z, c’est que le présent je hais est écrit d’une part par ch, Dis dou vrai Aniel 378 et Richars 1237 hach, de l’autre par z, Jourd. ”
“ Diez déjà l. c. a montré qu’elle soulève des difficultés, et M. Foerster la trouve problématique. Nous présentons une explication nouvelle de ce phénomène, en essayant d’établir un rapport entre l’s de la première personne du singulier et l’assibilation de la dentale finale du radical à cette même personne dans le dialecte picard. Commençons par rappeler quelques faits connus. Dans Aiol, chanson de geste écrite en dialecte picard au commencement du 13e s.., les verbes terminés au radical par une dentale changent à la 1. personne sing. de l’ind. prés. t en c, à la 1. pers. du singul. ”
