Résumé

Portrait de Sainte-Beuve Sainte-Beuve Anthologie des poètes français contemporains

Rappelons, pour terminer cette brève notice, que Sainte-Beuve entra en 1844 à l’Académie française comme successeur de Casimir Delavigne. Il fut reçu par Victor Hugo, qui fit son éloge en ces termes : « Poète, dans ce siècle où la poésie est si haute, si puissante et si féconde, entre la messénienne épique et l’élégie lyrique, entre Casimir Delavigne, qui est si noble, et Lamartine, qui est si grand, vous avez su, dans le demi-jour, découvrir un sentier qui est le vôtre et créer une élégie qui est vous-même. Vous avez donné à certains épanchements de l’âme un accent nouveau, »
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Il eut certainement des torts envers les poètes nouveaux. « Sainte-Beuve, dit M. Catulle Mendès, nous regardait de haut, comme on voit passer de loin les gens, par la fenêtre... Il dit en 1865, quand commençait de se produire l’évolution parnassienne : « Je suis terriblement en retard avec les poètes ; il y a des années que je n’ai parlé d’eux... » Et il ajoutait : La critique elle-même est un peu aux ordres du public, et ne saurait appeler sur les poètes une attention qui se porte ailleurs. »
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Sa rupture avec Victor Hugo le détache des romantiques.
Dans son roman Volupté (1834) , Sainte-Beuve se raconte et s’analyse. Désormais, il a trouvé sa voie. Il renonce à être créateur en art : il sent qu’il est fait pour la critique. Son dernier recueil de vers, Pensées d’août, qui paraît en 1837, « teinté encore d’émotion religieuse, ne contient plus guère de confidences lyriques ; ce sont des études analytiques, des imitations de poètes étrangers, des causeries lettrées et critiques, où se révèle surtout l’âme d’un curieux ».
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