Le Livre de Pierre

Élements biographiques

Le Livre de Pierre Han Ryner

Ta maman, quand je l'amène, pleure tout le temps de grosses larmes lourdes qui tombent jusqu'à terre et qui lui font mal.
Ecoute-moi bien, mon petit Pierre ; je vais te dire le grand secret.
Il ne faut pas que ta maman pleure trop, parce que, quand tu es parti, on avait commandé depuis deux mois ce petit frère que tu nous demandais toujours.
Et, tu sais, quand les mamans pleurent, le marchand de Paris vous envoie un petit frère laid comme un singe, petit comme une poupée de deux sous, et qui crie tout le temps, et qui n'a pas de force du tout; et qui meurt, presque toujours.
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Le Livre de Pierre Han Ryner

Moi je trouve qu'une seconde de bonheur, c'est long, long, long !
Mon amour pour toi, Pierrot, me plonge en une folie très douce, souriante, qui me fait te sentir sur mes genoux quand ce n'est pas toi qui es sur mes genoux, qui me permet de t'embrasser sur des joues roses qui ne sont point tes joues roses ; qui rend vivant et plein le vide immobile et lamentable de tes blouses.
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Le Livre de Pierre Han Ryner

Minet, si sage, qui jamais ne te griffa ; Minet, que je te donnais le matin dans ton petit lit et qui, joyeux de tes caresses et de la tiédeur des draps, se mettait à ronronner, à faire : « heureux ! heureux ! » comme tu disais ?
Ce matin, il est venu seul me trouver dans mon grand lit, où je t'aurais pris, si tu avais été là.
Parce que, ce matin, j'ai fait le paresseux, et quand ton petit papa faisait le paresseux, tu voulais qu'il te prenne dans son grand lit.
Et Minet faisait : heureux ! heureux ! Et il se pressait contre moi, pour que je le caresse.
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