Albert Gerès

Résumé

Albert Gerès Sériac

Avant tout, vivons et vivons grandement !... J’accepte, ma Follette !... Viens !
Et dans un transport, il se jeta sur sa maîtresse pour l’étreindre et l’embrasser. Mais elle, avec calme, d’un geste, le retint à distance et souriante :
— Fort bien, ajouta-t-elle. Seulement, il me faut une compensation. Aujourd’hui, j’ai quarante ans, je veux achever tranquille ma misérable vie : or, pour cela, j’ai compté sur toi ; toi que j’ai appris à connaître, intelligent, hardi, c’est toi seul qui peux me procurer le bonheur.
Sériac revint de son enthousiasme :
— Un mariage ? fit-il d’un air sceptique.
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Albert Gerès Sériac

Tu ne payeras pas et ne seras plus qu’un voleur, un voleur !... Je viens te tirer de cet abîme, te rendre moins la fortune que la considération et le crédit, qui te permettront à nouveau de tenter ton destin — et, pour de vulgaires préjugés, tu refuses tout cela ; tu vas te précipiter en aveugle dans l’inconnu, la misère, les humiliations, la honte ! »
Sériac ne soufflait mot ; il subissait l’abattement d’une crise, il avait capitulé déjà dans le for de sa conscience !
À ce moment le domestique entra :
— « Une lettre pour monsieur ; on attend la réponse ».
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Albert Gerès Sériac

Sériac était anéanti : tout cela lui semblait si étrange, qu’il s’était calmé en écoutant ; la surprise paralysait sa langue ; c’est à peine s’il pouvait relier deux idées.
— Oh ! combien dur est notre sort ! continua Follette, qu’il est pénible d’être mère en de semblables conditions. Vivre loin de son enfant, n’en recevoir que de rares caresses, être sevrée de toutes les satisfactions et ne supporter de cette maternité, si consolante et si douce pour tant d’autres, que les inquiétudes, les charges et même les remords !...
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