Résumé

André Lefèvre Le Rêve d’une reine d’Asie

J’ai cru le rêve affreux conjuré par le sage,
Le rêve est revenu ! Je m’abandonne au sort !...
— Parle, j’écarterai le sinistre présage. —
Et l’enfant dit les fleurs, les menaces de mort,
Le prince de l’esclave empruntant le visage...
L’esclave rayonna : — Moi si près de ton cœur !
Je mourrais avec toi, pour toi ; mais il faut vivre,
Il faut t’épanouir sans crainte et sans langueur ;
Crois-en l’explosion du bonheur qui m’enivre,
Le destin contre toi n’a pas tant de rigueur.
Je ne veux consulter ni vieillard ni vieux livre.
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André Lefèvre Le Rêve d’une reine d’Asie

Tes défis, tes dédains, à l’amour triomphant ?
L’amour ne te fait pas envie ?
L’amour se vengera. Connais, connais ton dieu ;
À défaut de ton cœur qui s’ignore, le feu
Consume ta force et ta vie !
Et le rêve sinistre à moitié s’accomplit.
Sous ton sein convulsif ploie et gémit ton lit ;
Et comme des feuilles de roses
Tout ce que la santé, la richesse, ont de fleurs,
Tes plaisirs, ta puissance et tes fraîches couleurs
Jonchent le sol, à peine écloses !
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André Lefèvre Le Rêve d’une reine d’Asie

Et l’esprit de ton rêve à tes yeux apparaît :
Si de ces jeunes fleurs retombe
Un nuage de pleurs, un pâle épuisement,
C’est que la mort se cache et que le bonheur ment,
Que toute fleur naît d’une tombe ;
Que des prospérités le sort restreint le cours ;
Qu’on ne saurait trop vivre en des instans trop courts !
Puisque le printemps nous convie
À ses riches festins, prenons-en notre part.
Gardons, gardons de voir avant notre départ
Tomber les roses de la vie !
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