Résumé

Portrait de André Theuriet André Theuriet Au coin du feu (Theuriet)

Jusqu’au matin, la valse avec sa mélodie
Nous emportait, joyeux danseurs, loin du regard
Des tantes qu’un boston retenait à l’écart ;
Les portraits des aïeux, du haut des boiseries,
Seuls, écoutaient d’un air pensif nos causeries.
— Elle était bien jolie, alors qu’un soir d’été
Sa mère l’amena : — teint frais et velouté,
L’air enjoué, des yeux de violette éclose,
De bruns cheveux crêpés, et sous sa robe rose
Une poitrine émue et se gonflant souvent.
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Portrait de André Theuriet André Theuriet Au coin du feu (Theuriet)

À mes yeux, tout à coup la demeure de Blanche
Montra ses murs noircis et son pignon qui penche.
Je frappai doucement. Pour l’ami revenu,
La grand’porte s’ouvrit avec un bruit connu.
— Entrez ! dit une voix. Et dans la cour humide,
Dont les toits encadraient un coin d’azur limpide,
Je vis le vigneron taillant des échalas.
— Bonjour, monsieur !... Mais non, je ne me trompe pas,
C’est lui ! s’écria-t-il ; Blanche, Blanche, viens vite,
Viens voir un revenant qui nous fait sa visite !...
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Portrait de André Theuriet André Theuriet Au coin du feu (Theuriet)

Qu’elle tint à demi cachés dans sa main blanche :
— Çà, que chacun, fit-elle, en tire un à son tour !
Les brins pris, ô bonheur ! je tenais le plus court...
Je sentis dans ma main plier sa taille frêle,
Et la valse au doux vol nous ravit sur son aile.
L’orchestre soupirait un vieil air allemand
Dont le rhythme naïf nous berçait mollement ;
Son cœur battait, ses yeux brillaient, sa main captive
Sur la mienne déjà s’appuyait moins craintive.
La valse était finie, et nous valsions toujours...
O première jeunesse ! ô premières amours !
III. — INTERIEUR.
Le salon est paisible.
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