Résumé

Portrait de Comtesse de Noailles Comtesse de Noailles Revue des Deux Mondes tome 1, 1911

Je préfère à ce faste, à ces âpres transports,
La douceur de ton âme alliée à ton corps,
Ces momens infinis, concentrés, chauds et tristes
Où mon cœur par le tien reconnaît qu’il existe,
Où, lorsque le désir avide et violent
Se dilue en un rêve harassé, grave et lent
Par qui l’âme est soudain comblée et raffermie,
Je sens, — ô mon ami ailé, suave, humain, —
Ton visage pensif enfoncer dans ma main
Son odeur de nuée et de rose endormie...
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Portrait de Comtesse de Noailles Comtesse de Noailles Revue des Deux Mondes tome 1, 1911

Des parfums, des pays, des temps, des avenirs,
Plus que mon vaste cœur ne peut en contenir !...
— Ainsi, qu’avais-je fait pendant cette journée,
J’étais ivre, j’étais éblouie ! Etonnée
Je parlais à travers les siècles transparens
Aux bergers grecs, chantant sur le bord des torrens.
La jeunesse, l’immense, aveuglante jeunesse
Me leurrait de sa longue, expectante paresse,
El je ne pensais pas qu’il faut, pour être heureux,
Etre comme un troupeau attendri et peureux
Qui, lorsque naît la nuit provocante et bleuâtre,
Se range sous la main et sous la voix du pâtre.
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