Résumé

Henri Wallon Revue des Deux Mondes

Il fit du reste comme si elle ne l’était pas, citant Leibnitz (on a beaucoup cité les philosophes dans cette discussion) , Leibnitz disant : « La liberté n’est pas due à ceux qui ne veulent s’en servir que pour enseigner à haïr toutes les libertés, » maxime professée et pratiquée par les Jacobins de 1793, qui l’entendaient des libertés à eux : « L’Église s’est mise hors la liberté, parce qu’elle s’est mise hors le droit commun. » Il se déclarait d’ailleurs partisan, défenseur même de la liberté religieuse, et il ajoutait qu’il voterait l’amendement Delpech.
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Je dis le mien, et il ne contenait pas un seul mot de moi : c’était le texte même de la Constitution de 1848, le préambule nécessaire et le principe dominant d’une loi sur la liberté de l’enseignement. Je n’étais pas fâché de voir si les républicains de 1848 seraient reniés par les républicains du XXe siècle ; mais le ministre, ayant dit que le projet du gouvernement n’y contredisait pas, ajoutait :
« L’honorable M. Wallon propose de déclarer que l’enseignement est libre ; or, le projet du gouvernement le dit : « Tout Français, sous des conditions déterminées, pourra ouvrir une école. »
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La chose était si bien comprise que M. Beaupin, un des quatre-vingt-dix co-signataires de la proposition Béraud, qui avait été rejetée à une si grande majorité en première lecture, se déclara satisfait et disposé à voter, sous sa forme nouvelle, le projet de loi du gouvernement (9 février) . Le vote sur l’article premier (abolition de la loi Falloux) , ajourné au lendemain, fut donc voté à une grande majorité, et le président appela comme paragraphe additionnel mon contre-projet : « L’enseignement secondaire est libre, » ce qui eût été tout le contraire de ce qu’on venait de voter.
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