L. D’Ornano, L’escompte du bonheur
“ Raoul Thérien demeurait immobile, profondément troublé par l’examen de conscience auquel il se livrait. Des bribes de conversations, des éclats de rire d’antan, revenaient frapper ses oreilles, évoquaient les gestes inutiles, les mensonges, les inepties, auxquels il avait entendu associer le nom divin de l’amour. Avec le recul du temps, cette profanation de langage révoltait l’ingénieur, dont le fond était demeuré bon. La solitude du bois où il se trouvait l’impressionnait. Il philosophait, se jugeait, non sans sévérité. ”
