Résumé

L. D’Ornano L’escompte du bonheur

Raoul Thérien demeurait immobile, profondément troublé par l’examen de conscience auquel il se livrait. Des bribes de conversations, des éclats de rire d’antan, revenaient frapper ses oreilles, évoquaient les gestes inutiles, les mensonges, les inepties, auxquels il avait entendu associer le nom divin de l’amour.
Avec le recul du temps, cette profanation de langage révoltait l’ingénieur, dont le fond était demeuré bon. La solitude du bois où il se trouvait l’impressionnait. Il philosophait, se jugeait, non sans sévérité.
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L. D’Ornano L’escompte du bonheur

On ne tarissait pas d’éloges sur la conduite héroïque de Raoul Thérien, enfant du pays, connu et aimé de tous.
Chancelante d’émotion, Marguerite Nadeau écoutait ces propos, souffrant indiciblement, dans la crainte de perdre à jamais celui qu’elle aimait profondément, elle n’en doutait plus. Comme elle s’en voulait, à présent, en son angoisse, d’avoir si longtemps dédaigné les aveux de l’ingénieur !
Sur l’ordre du médecin, Raoul reposait sur un sofa. L’homme de l’art tâtait le pouls du blessé, dodelinait de la tête.
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L. D’Ornano L’escompte du bonheur

Comme elle approchait de la mine, un groupe d’« habitants » qui portaient un blessé se trouva sur son chemin. Sans avoir vu le patient, Marguerite Nadeau, qu’un affreux serrement de cœur faisait presque défaillir, comprit que Raoul venait d’être victime d’un accident.
En effet, c’était bien l’ingénieur, inanimé, qu’on plaçait sur une civière pour le transporter chez le médecin. Une partie de la population de Saint-Philippe formait cortège, s’entretenant de la bravoure du jeune homme, qui, au risque de sa vie, venait de sauver une dizaine de mineurs ensevelis vivants par un éboulis.
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