L. D’Ornano

Élements biographiques

L. D’Ornano L’escompte du bonheur

Raoul Thérien demeurait immobile, profondément troublé par l’examen de conscience auquel il se livrait. Des bribes de conversations, des éclats de rire d’antan, revenaient frapper ses oreilles, évoquaient les gestes inutiles, les mensonges, les inepties, auxquels il avait entendu associer le nom divin de l’amour.
Avec le recul du temps, cette profanation de langage révoltait l’ingénieur, dont le fond était demeuré bon. La solitude du bois où il se trouvait l’impressionnait. Il philosophait, se jugeait, non sans sévérité.
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L. D’Ornano Le choix d’Agnès

La froideur taciturne d’Agnès Duprat se dissipa comme par enchantement. Vaincue par le plus noble des sentiments, elle aimait le bienfaiteur d’un misérable, elle aimait l’homme de son rêve : honnête, généreux, qui la comprendrait, qui la rendrait heureuse.
Quelques jours après la conversation ci-dessus rapportée, les journaux de Montréal, avec force compliments, annoncèrent que : l’élégante et richissime Mlle Agnès Duprat était fiancée à M. Anatole Fortin, avocat de grand talent, et homme du monde accompli.
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L. D’Ornano L’escompte du bonheur

On ne tarissait pas d’éloges sur la conduite héroïque de Raoul Thérien, enfant du pays, connu et aimé de tous.
Chancelante d’émotion, Marguerite Nadeau écoutait ces propos, souffrant indiciblement, dans la crainte de perdre à jamais celui qu’elle aimait profondément, elle n’en doutait plus. Comme elle s’en voulait, à présent, en son angoisse, d’avoir si longtemps dédaigné les aveux de l’ingénieur !
Sur l’ordre du médecin, Raoul reposait sur un sofa. L’homme de l’art tâtait le pouls du blessé, dodelinait de la tête.
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