Résumé

La Harpe Les Mille et Une Nuits

Il est vrai que la féerie et le merveilleux en sont l’abus ; mais l’agrément fait tout pardonner. Je relis tous les ans les Contes Orientaux, et toujours avec plaisir. L’Orient, il faut l’avouer, est le berceau de l’apologue et la source des contes qui ont rempli le monde. Ces peuples, amollis par le climat et intimidés par le gouvernement, ne se sont point élevés jusqu’aux spéculations de la philosophie, et n’ont qu’effleuré les sciences ; mais ils ont habillé la morale en paraboles, et inventé des fables charmantes que les autres peuples ont adoptées à l’envi.
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Il n’y a point eu de despote plus absolu, plus redoutable que ce fameux Haroun ou Aaron, dont le nom revient à tout moment dans leurs contes, et dont le règne est l’époque la plus brillante du califat et de la grandeur des Arabes. On est toujours étonné de ces mœurs et de ces opinions singulières qu’inspirent à une nation ingénieuse et magnanime, d’un côté, l’habitude de l’esclavage, et de l’autre l’abus du pouvoir. Cette disposition, dans un prince d’ailleurs éclairé, à compter pour rien la vie des hommes
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Ce n’est pas que dans la mythologie des Arabes il y ait autant d’esprit et de goût que dans celle des Grecs. Les fables de ceux-ci semblent faites pour des hommes, et celles des autres pour des enfans ; mais ne sommes-nous pas tous un peu enfans dès qu’il s’agit de contes ?
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