Résumé

Portrait de Marcel Mauss Marcel Mauss La Religion des habitants des détroits de Torrès

Suivant M. Haddon, ce culte serait d’importation étrangère il croit trouver une preuve de cet emprunt dans les voyages que le mythe prête au héros. Le culte d’un dieu individuel, anthropomorphique, serait venu de la Nouvelle-Guinée dans les Îles de l’ouest et, de là, dans celles de l’est où, par suite de la prospérité qui y règne, il aurait balayé le totémisme. Il n’est pas a priori impossible que les choses se soient passées ainsi ; l’extension rapide de ces grands cultes, mal définis, s’observe même en pays de totémisme, en Australie comme en Amérique.
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Un autre cas est celui de la forme animale du grand dieu, Bomai, qui est, comme la première de ses confréries, un crocodile, Beizam ; ses gens s’appellent eux-mêmes des beizam. Même on dit à M. Haddon, dans le jargon où on lui transmit la plupart de ses documents : Beizam zogo belong we (p.244) . Nous ne doutons donc pas que le culte national ne se soit développé à partir de celui d’un totem tribal ; peut-être est-ce celui de la société des hommes ?
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Étant données surtout les marques manifestement totémiques de ce culte, il est tout naturel de supposer que Bomai-Malu-Beizam est un ancien totem, peut-être de phratrie, qui, pour une raison quelconque, a été amené à prendre une place prépondérante. La société des hommes qui, à l’origine, se confond avec le système des clans totémiques, se serait donc concentrée tout entière autour de ce culte qui aurait absorbé les autres ou se les serait subordonnés.
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