Ubald Paquin

Résumé

Ubald Paquin La tragique idylle

Comme il sauta à terre, un coup de vent éloigna le canot. Voulant le ramener au rivage, il saisit le canon de la carabine, debout dans l’embarcation, et buta contre une pierre. Le chien de l’arme s’accrocha et il reçut la décharge en pleine figure. Le plomb lui laboura les lèvres et le nez avant de s’enfoncer dans la cervelle par l’œil droit. La mort fut instantanée.
Ses amis lui composèrent un brancard de branches et le transportèrent chez lui.
Rose-Marie, avertie, courut chez les Lambert. Celui qu’elle avait vu la veille, plein de vie et souriant, n’était plus qu’un cadavre inerte.
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Ubald Paquin La tragique idylle

Elle se jeta sur mon pauvre Ernest comme une balle. Puis elle l’embrassa plusieurs fois tellement que sa figure à elle aussi était toute couverte de sang.
Rose-Marie Charron était la fille du marchand de l’endroit. Elle avait vingt-deux ans.
Ernest Lambert en avait vingt-six. Tempérament aventurier, dur à la misère, il passait les froides saisons à trapper à quarante milles plus au nord. Il adorait cette vie robuste, en pleine sauvagerie. La chasse était une passion, il s’en grisait.
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Ubald Paquin La tragique idylle

Les hazards d’une campagne électorale m’avaient conduit, un jour doré d’octobre, au petit village de St-X... dans le haut du comté de Portneuf. Nous devions y tenir une assemblée, le candidat et moi.
En face de chez Jean Lambert, le « boss » politique de l’endroit, une couple de cents cultivateurs s’étaient massés. Quelques-uns venaient du village, mais la plupart des concessions voisines. Ils discutaient ensemble par petits groupes, et fumaient béatement leur pipe dans l’attente du « parlement ».
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