Résumé

Portrait de Émile Boutmy Émile Boutmy Projet d’une faculté libre des sciences politiques

Par cela même, l’enseignement sera sommaire ; mais sommaire ne veut pas dire superficiel. Le détail n’est pas absolument nécessaire. À vrai dire, le détail d’une science ne s’enseigne pas ; on l’apprend par un travail personnel. Ce qui se transmet du haut des chaires, c’est le goût d’un certain genre de connaissances, le vocabulaire qui en donne la clef, la méthode qui permet de s’y diriger, enfin l’esquisse générale qui en résume les principaux résultats.
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Au reste, l’effet le plus considérable d’un enseignement organisé sur ces matières n’est pas de former des hommes d’État, mais de créer autour d’eux un groupe de libres et utiles coopérateurs. En France, l’homme supérieur qui est au pouvoir se sent tout seul. Il ne rencontre d’auxiliaires entendus que chez les gens en place, de critiques compétents que chez les ambitieux qui convoitent la sienne. Le reste de la nation s’engoue, s’irrite, glorifie, bafoue, mais ne juge pas et n’agit que par passion.
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Notre science politique, purement française ou latine, ignore volontairement l’Europe moderne et le nouveau monde ; et on peut avoir suivi tous les enseignements qui ont quelque rapport avec l’art de gouverner, sans avoir entendu le nom de Blackstone, sans avoir une idée nette du Zollverein et de son histoire, et sans connaître les négociations qui ont amené en 1856 le traité de Paris.
Toutes ces observations nous conduisent à cette conclusion : il y a en France un enseignement organisé pour le médecin, pour l’avocat, pour l’ingénieur, pour le militaire, etc...
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