“La vengeance, indigne d'une grande nation , appartient aux temps des ténèbres et de la barbarie; la justice triomphe du droit sur ce qui est usurpé , de la raison sur le crime, atteste, lorsqu'elle est circonscrite dans une juste mesure, le progrès des lumières et des moeurs.”
“Trois jours ont suffi pour renverser ce trône que la seule apparition d'un homme en 1815 avait également fait disparaître : rien ne montre mieux qu'il n'avait aucune racine dans la nation. Pour la troisième fois, les membres de cette branche des Bourbons quittent la France.”
“Mon cher, je le fus bien long-temps et je le serais encore, si les braves Parisiens n'eussent pas enfin secoué le joug qui pesait depuis plus de quinze ans sur leurs têtes, et n'eussent pas chassé de chez eux un des remplaçans du défunt votre pauvre maître, que j'aimais de tout mon coeur, parce qu'il faisait porter mon effigie sur les schakos de ses braves soldats de ligne.”
“LE COQ. Cette troupe est bien en effet la première de la France , puisqu'elle est celle de la nation, et que chaque personne qui la compose est armée de son plein gré et combat pour son, bien, sa femme et ses enfans : ne croyez pas pourtant que je veuille ravaler cette ancienne armée à qui nous devons nos victoires et nos conquêtes.... Oh! non, ils ont trop long-temps versé leur sang pour la patrie , ces vieux soldats ; ils sont trop gravés au fond du coeur de tout bon Français, et ces militaires que vous voyez là, et qu'on appelle Gardes Nationaux, les nomment leurs frères.”
“L'AIGLE. Comment! est-ce que la garde de votre roi était votre ennemie ? LE COQ. Hélas! mon bon ami, malgré qu'elle fût composée de nos frères et de nos amis, elle n'en a pas moins tiré sur nous, et sans l'intrépidité d'une jeunesse bouillante, tous les Parisiens eussent succombé dans les journées mémorables des 27 , 28 et 29.. L' AIGLE. Grand Dieu! mon cher coq , que m'apprenez-vous là! c'est une infamie , je n' ai jamais vu pareille chose du temps de mon règne ; nos soldats savaient combattre l'étranger et n'égorgeaient pas les leurs.”
“Beaucoup d'entr'eux ont reçu la récompense qu'ils méritaient, c'est-à-dire la mort; quant aux autres, on les renverra chez eux ou on les replacera dans les régimens. Le Français est naturellement bon, il aime à pardonner, il espère que ces malheureux ayant le repentir dans le coeur, serviront une autre fois un peu mieux la patrie.”
“Vous eûtes de grands succès, mais des ingrats vous ont abandonné, trahi, et vous avez été réduit à vous tenir dans l'ombre; aujourd'hui qu'une nouvelle ère se prépare, ne craignez pas de vous montrer au grand jour.”
“On a des lettres particulières de Bruxelles, qui disent que depuis quelques jours on proférait dans les rues les cris de : à bas le roi! Les patrouilles de la garde bourgeoise sont souvent obligées de tirer sur la populace qui cherche à se livrer au pillage. Les ouvriers du canal, classe dont les gens paisibles redoutent la férocicé, se sont réunis, et, armés de pioches, pelles, etc., ils ont été à l'hôtel-de-ville réclamer une augmentation de salaire”
“Le pays, par votre intervention , , va demander, justice à des hommes qui ont violé les lois et troublé la paix dont il jouissait Mais la France n'est pas seule attentive; tous les peuples de l'Europe, les, yeux fixés sur notre révolution, attendent à, leur tour, pour nous juger, de connaître l'usage que nous allons faire d'une liberté si heureusement recouvrée. Ils s'affligeraient, car il nous admirent, si nous manquions de justice et de fermeté, Justice et non vengeance, tel est le cri qui part de tous les coeurs.”
“Les troupes hollandaises cantonnées à Malines ont fait un mouvement de deux lieues vers Bruxelles, et ont pris quartiers dans les environs de Vilvorde. On bat le tambour dans toutes les rues pour réunir des volontaires, afin de marcher contre les troupes.”
“Détails : bruit de propositions de mariage entre le prince de Reischtadt ["sic"] , avec une princesse fille de Louis-Philippe, faites à l'empereur d'Autriche ; élévation du fils de Napoléon au trône de la Grèce ; rapport et résolution de la commission de la Chambre des Députés pour la mise en jugement du ministère Polignac.”