Émile Dario

Élements biographiques

Émile Dario Chant celtique : à M. Henri Martin (1868)

Et la Gaule n'a plus, cercle déshérité, Que la corruption, l'erreur et la matière, Où rayonnaient la vie et l'immortalité.
Heureux d'être montés aux sphères boréales!
Ces Romains, dévoués au trépas sans réveil, Ne leur fermeront pas les plages idéales : Vaincus des dieux d'en bas et des forces fatales, Ils ne les suivront pas dans l'éternel sommeil.
Du faîte des bûchers funèbres Ils tombent au fond des ténèbres : Ce n'est plus qu'un amas sans nom, Un néant inerte et sans âme
Source : Gallica

Émile Dario Sappho : élégie antique (1870)

La foule applaudissait, autour de vous pressée, De voir la Poésie unie à la Beauté, Par un hymen de gloire à la force enlacée, Voler d'un même essor à l'immortalité.
Mais, hélas ! ici-bas, par une loi fatale, Le sort à l'impuissance enchaîne nos désirs : Toujours près du bonheur une douleur s'étale; Les pleurs suivent le rire et le deuil les plaisirs.
Source : Gallica

Émile Dario Chant celtique : à M. Henri Martin (1868)

Ame immense du vide, impénétrable aux yeux, Il prodigue sans fin la vie universelle Aux cercles constellés peuplés de nos aïeux.
Ils gravitent vers lui, chœurs ondoyants d'étoiles, Chemin que les élus, dans leurs migrations, Par delà les hauteurs d'où la nuit tend ses toiles, Suivent, suivent toujours vers le foyer sans voiles Que l'Infini remplit de ses perfections.
Par tous les degrés de la vie, Leur existence inassouvie De gloire et d'immortalité Montera, sans que la lumière, Répandue à pleine clarté, De la source première, Arrête leur activité.
Source : Gallica

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