Adjutor Rivard

Adjutor Rivard

Résumé

Portrait de Adjutor Rivard Adjutor Rivard Monseigneur de Laval

Mais ceux-là n’ont rien qui batte en leur poitrine, et rien qui pense en leur cerveau. La patrie est un être réel ; elle a du sang qui coule, des membres qui agissent, une tête qui pense et un cœur qui bat ; et dans le temps et pour le pays dont nous parlons, messieurs, le sang c’était le patriotisme, les membres c’étaient les diverses classes du peuple, la tête c’était le Roi, le cœur c’était l’Église.
C’est ainsi que le comprenait Mgr de Laval. C’est à cette patrie qu’il dit adieu, c’est elle qu’il aima toujours, pour elle qu’il souffrit le martyre de la séparation.
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Portrait de Adjutor Rivard Adjutor Rivard Monseigneur de Laval

Le monde s’était présenté à Mgr de Laval et lui avait offert l’exaltation de ses triomphes, l’éblouissement de ses gloires, et les faveurs du dieu de l’or. Mais le missionnaire évêque avait passé les yeux fixés sur les hauteurs ; et sa voix avait semblé dire : Excelsior ! plus haut !... Les pieds de l’idole sont d’argile, l’avalanche qui croule la renversera et la couvrira de ses décombres comme d’un linceul ; mais du milieu des ruines, la croix restera debout et ne fléchira pas...
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Portrait de Adjutor Rivard Adjutor Rivard Monseigneur de Laval

Certes, la tentation était forte, et d’autant plus séduisante que le jeune de Laval était dans cet âge encore tendre, où l’espérance colore tant de beaux rêves, où l’on ne sait pas que le pain de ce monde est amer, où le cœur ne s’est pas encore instruit aux tristes leçons du passé, où la vie déborde, prête à s’aventurer sans boussole sur cet océan dont les vagues, soulevées par l’angoisse, lancent aux quatre vents des cieux un continuel concert de sanglots.
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