“ On ne s’échappe de rien, et peut-être l’absence incruste-t-elle au cœur ce qui sans elle ne fût pas tout à fait né. Elle a des peurs d’oiseau transi devant le mal qu’elle a désorienté. Effarée de ne plus savoir où elle va, où elle veut, elle se sent diminuée. L’imprécision ne lui fut-elle bonne que pour aérer la fixité de l’ami ? N’aurait-elle pas de vie propre à elle seule ? Un grand garçon très beau, au fond de son wagon, d’un regard preste et fin interroge ses gestes. Il la voit très parfaitement ailleurs avec tant d’adieux sur tout elle, qu’il cherche en vain l’instant où elle est là. ”
Aurel
Résumé
“Les Jeux de la flamme”, est une œuvre de Aurel. Des thèmes tels que Jeux de la, Lisbé ou Page y sont abordés.
Citations de Les Jeux de la flamme (Aurel)
“ Elle se montre si lointaine, qu’il la veille et n’est pas loin de la souhaiter ; on la voudrait toujours où elle n’a que faire. Très malheureusement il parle. Et cette voix d’étranger la rejette avec délices vers Pierre. L’inimitié de ce qu’elle n’a pas fait sien, lui rend sensible et proche la voix aimée avec sa nuance, son chant. Elle cherche comment Pierre s’étonne, et si cela le gêne qu’elle manque, autant qu’elle est gênée d’être partie. Souffrir n’est pas pour eux, mais leurs mains vides sont-elles plus ou moins lasses, ou trop, de ne plus se chercher ? ”
“ Pour qu’il ne voie pas l’étonnant reflet de force, de la toute-puissance qu’il lui crée, affolée de pudeur, elle se cache en lui, se blottit dans le cher visage et le condamne vite à ses lèvres, afin d’oser le frustrer de ses yeux ; mais, par une lente violence douce, il l’écarte de lui et s’assure de son affreuse honte exquise. Il la confond interminablement, et quand il l’a toute lue, toute sue, sa science faiblit, s’abat dans le plus âpre tourment tendre ”
