Jules Sandeau

Jules Sandeau

Résumé

Portrait de Jules Sandeau Jules Sandeau Les Revenants

L’image de Gina m’avait suivi partout comme un génie de malheur attaché à mes pas, comme un remords cramponné à mon cœur ; partout je l’avais retrouvée, partout j’avais entendu sa voix, dans le bruit des vents, dans le murmure des vagues, dans le silence du désert. Gina ! le soleil des sables brûlants m’avait consumé de tous ses feux, j’avais gravi tout sanglant les rochers, j’avais dormi sur la neige des monts, et je n’avais jamais été torturé que de son souvenir. Mon âme s’ulcéra, mon caractère s’aigrit ; je revins à Vérone, mort aux émotions douces.
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Portrait de Jules Sandeau Jules Sandeau Les Revenants

Les autres l’admiraient, je la bénissais en secret ; ils avaient pour elle l’enthousiasme, pour elle mon âme avait un culte ; elle n’était que le soir de leurs jours, elle était mes jours tout entiers. Oh ! vous ne savez pas ce que c’est que cette existence fade et monotone à laquelle on se laisse aller, vide d’émotions, de sourires et de peines. C’était mon existence à moi, et Gina m’apparut, bienfait et bénédiction ! ma vie s’alluma à son regard, et mon âme engourdie se réveilla aux accents enchanteurs de sa voix. Le croirez-vous ?
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Portrait de Jules Sandeau Jules Sandeau Les Revenants

Gina ! pauvre Ginetta ! dit le Véronais ; on a vanté son bonheur, elle fut seule à ne pas y croire. Certes elle pourrait dire tout ce qu’il y a de maux vivants sous l’éclat des richesses... Elle était si belle autrefois, jeune fille chantant chaque soir sur le théâtre de Vérone, puisant le bonheur et la vie dans les applaudissements d’un public qu’elle enivrait de sa voix magique, et qui l’épuisait à son tour des transports de son enthousiasme ; jeune fille si belle à voir et si ravissante à entendre qu’on ne pouvait la voir et l’entendre à la fois !
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