Berthe Vadier

Résumé

Berthe Vadier,  Hospitalité

“ Fatma. — Peut-être bien. Mais vous voir malheureux, je ne peux pas le souffrir. Allah est bien injuste d’avoir réduit à la misère un homme si bon.
Hassan. — Ne blasphème pas. Allah est le maître ; tout lui appartient. Soyons reconnaissants de ce qu’il nous donne, résignés à ce qu’il nous enlève.
Fatma. — Résignés !
Hassan. — D’ailleurs, rien n’est permanent ici-bas : dans la prospérité, le malheur n’est pas loin ; dans l’infortune, la joie est proche. Espérons donc, puisque nous sommes malheureux. (Tonnerre plus rapproché.) L’orage augmente, le vent souffle très fort. Ferme la porte, Fatma.
”
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Berthe Vadier,  Hospitalité

“ Fatma. — Si vous étiez venus chez mon maître, jadis, il vous aurait mieux reçus. On l’appelait alors le magnifique Hassan. Il était riche et faisait, je vous en réponds, bon usage de ses richesses.
Hassan. — Quand Allah nous en prête, c’est pour que nous les dispensions à ceux qui n’en ont pas. Le riche doit être le trésorier du pauvre.
Haaroun. — Tu parles bien, Hassan. Il ne se peut, sage comme tu le parais, que tu te sois attiré ton malheur par ta faute ?
Hassan. — La sagesse est parfois un fruit de la folie, mûri au soleil de l’expérience.
”
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Berthe Vadier,  Hospitalité

“ Hassan. — Des hôtes ! béni soit Allah qui les envoie !
Fatma. — Vous n’allez pas les recevoir, ceux-là. Encore des malfaiteurs, sans doute.
Hassan. — On ne peut voler qui n’a plus rien. Et, quand je posséderais tout l’or du calife, quand je serais sûr que ce sont des larrons, je ne les recevrais pas moins. Hâte-toi d’ouvrir et de les inviter à entrer. (Elle secoue la tête négativement.) Tu ne veux pas ? J’irai moi-même. (Il se lève et va ouvrir la porte.)
Scène II
Les mêmes, HAAROUN AL RASCHID, GIAFFAR. Hassan. — Soyez les bienvenus, seigneurs, dans mon humble logis.
”
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