C. Dechastelus

Résumé

C. Dechastelus Souvenir des courses de Roanne… (1874)

Roanne n'est qu'un trou, dira-t-on peut-être ?
Mais un trou charmant, un trou dans lequel On meurt quand on eut la chance d'y naître, Paternellement creusé par le ciel !
Roanne n'est qu'un trou, dira-t-on peut-être ?
Qu'on l'appelle trou, désert, bourg obscur, Qu'importe au pays, sage en sa fortune, Qui prit pour symbole, en un champ d'azur, Le modeste éclat d'un croissant de lune.
Qu'on l'appelle trou, désert, bourg obscur ?
Garde, ô mon pays, ton pâle symbole, Ta richesse c'est ton obscurité Ne dispute pas à d'autres le rôle Terrible et scabreux de la primauté.
Source : Gallica

C. Dechastelus Souvenir des courses de Roanne… (1874)

Philosophes, traitant des mornes sépultures, Aux jockeys assommés vous vendrez du sapin.
Et vous, artistes dont le fer brûlant imprime Aux cheveux les plus plats des contours élégants, Vous qui faites, Madame, avec un art sublime, Entrer de fort gros doigts dans de fort petits gants !
Roanne, non moins à sec aujourd'hui que les fleuves Bâillant après les eaux de maigres affluents, Chez tous les boutiquiers en deuil, comme les veuves, Jettera des remous de faciles clients !
Source : Gallica

C. Dechastelus Souvenir des courses de Roanne… (1874)

Le soleil aux bois de la Madeleine Plonge, et de son sang, qu'il fait rejaillir, Empourpre l'azur ou l'éthéreenne Et pâle Phébé, semble défaillir.
Le soleil s'enfuit vers la Madeleine !
L'ombre autour de nous, enroule ses plis !
La lune éclaircit son terne visage.
Ecoutez l'appel strident des courlis Et mugir le fleuve au saut du barrage !
L'ombre autour de nous, enroule ses plis ;
C'est l'heure où l'on voit s'égarer les couples !
L'heure des baisers donnés ou surpris, Des bras forts pressés sur les tailles souples.
C'est l'heure des chats guettant les souris.
Source : Gallica

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