Charles Richet

Charles Richet

Résumé

Portrait de Charles Richet Charles Richet La France pacifique

Le droit, la liberté, l’indépendance des nations, voilà ce que défendent aujourd’hui les armées alliées de France, de Russie, d’Angleterre et de Belgique. Mais cela, c’est aussi la paix. Car on ne peut dissocier ces augustes divinités. Tant qu’il y avait au centre de l’Europe un peuple asservi, tant qu’il y avait des nationalités frémissant sous une domination étrangère, que ce fût à Metz ou à Trieste, à Serajevo ou à Posen, à Trente ou à Strasbourg, la pacification de l’Europe était une chimère.
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Il semble, à l’heure présente, que la cause de la paix soit compromise pour longtemps, pour toujours peut-être. Et en effet, à voir l’impétueux élan de la plus libre partie de l’Europe vers les batailles de l’indépendance, à voir cette vaillante ardeur guerrière qui a confondu dans une commune espérance toutes les classes et tous les partis, parmi le fracas des canons et les cris des blessés, on serait tenté de dire que la conception d’une humanité pacifiée et pacifique est chimère et folie.
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La paix par le droit, était à elle seule un symbole et un programme : car le mot droit n’a plus, dans la conscience moderne, le même sens qu’autrefois. Le droit ne résulte plus seulement des traités, mais aussi, et avant tout, de la volonté des peuples. Metz et Strasbourg protestaient contre leur annexion à l’Allemagne, et nos cœurs protestaient avec Metz et Strasbourg. Il aurait fallu, pour nous imposer silence, que l’Alsace et la Lorraine eussent accepté leur incorporation à l’Allemagne, et, en 1914, elles en étaient plus éloignées que jamais.
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