Résumé

Portrait de David Hume David Hume XIX. Le Style simple & le Stylé orné

J’observe, en trosième lieu, Que nous avons plus de sujet de nous mettre en garde contre le rafinement excessif, que contre l'excessive simplicité ; parce que le premier excès est plus nuisible à la beauté & plus dangereux que le dernier.
C’est une maxime incontestable que l’esprit & la passion ne sauroient subsister ensemble. Lorsque la passion parle, l’imagination se tait. L’esprit humain étant naturellement limité, il n’est pas possible que toutes ces facultés agissent à la fois, & plus l’une de ces facultés domine, moins il y a de place pour les autres.
Source : Wikisource

Portrait de David Hume David Hume XIX. Le Style simple & le Stylé orné

Un écrivain qui met de l’esprit par-tout, est sûr de déplaire, quand même cet esprit seroit juste & agréable en lui-même. Mais il arrive, pour l’ordinaire, à ces sortes d’écrivains, d’employer leurs fleurs favorites lors même que le sujet répugne, & de noyer une pensée qui est véritablement belle dans une vingtaine de concetti insipides.
La critique n’a point de sujet plus riche que celui qui regarde le juste mélange du style simple avec le style orné.
Source : Wikisource

Portrait de David Hume David Hume XIX. Le Style simple & le Stylé orné

Il n’y a que la nature ornée de toutes ses grâces, ou ce que l’on nomme la belle Nature, qui puisse plaire aux gens de goût : ou si l’on veut peindre la vie des personnes de basse extraction, il faut que ce soit par des traits frappans, & bien marqués, qui portent une image vive dans l’esprit : c’est ainsi que l’absurde naïveté [1] de Sancho Pança, sous le pinceau inimitable de Cervantes, nous amuse autant que le portrait du héros le plus magnanime, ou celui de l’amant le plus doucereux.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature