Résumé

A. Barbut Buffon et le discours sur le style (1869)

Au contraire, lorsqu'un écrivain possède son sujet, ou, pour mieux dire, en est possédé, alors il se trouve soutenu et comme porté par le flot toujours abondant de ses pensées. L'esprit s'émerveille et s'enchante de sa fécondité et de sa force. Les idées se succèdent dans l'ordre le plus convenable; les tours ont quelque chose d'aisé, de vif et d'imprévu, qui ne les rend que plus naturels ; l'expression la plus juste s'offre presque partout d'elle-même; la pensée a de la facilité, de la chaleur, du mouvement.
Or, tout cela, c'est déjà le style.
Source : Gallica

A. Barbut Buffon et le discours sur le style (1869)

Quant à l'importance du style, rarement contestée, Buffon la regarde comme capitale. La science, la justesse des pensées, la nouveauté même des inventions ne sont pas, à ses yeux, de sûrs garants de l'immortalité. Il semble que tout cela puisse se transporta et gagne même à être mis en œuvre par des mains plus habiles. Mais le style appartient en propre à l'écrivain ; c'est la marque indélébile de son individualité propre. Le style, c'est l'homme même. Oui, le style, c'est l'homme même ; car la pensée peut se comparer à une espèce de fonds commun sur lequel vivrait l'humanité entière
Source : Gallica

A. Barbut Buffon et le discours sur le style (1869)

Aussi Buffon multiplie ses instances pour qu'on n'aille point demander le style aux vains ornements de l'expression : « Rien n'est plus opposé, » dit-il, « au beau naturel que la peine qu'on se donne pour exprimer des choses ordinaires ou communes d'une manière singulière ou pompeuse ; rien ne dégrade plus l'écrivain. » Et plus loin : « L'harmonie des mots ne fait ni le rond ni le ton du style, et se trouve souvent dans des écrits vides d'idées. »
Source : Gallica

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