Ernest Choquette

Ernest Choquette

Résumé

Portrait de Ernest Choquette Ernest Choquette Une histoire de mon pays

Et il repartit content.
C’était le matin cela. Vers le soir, après le souper au manoir, l’on vint me quérir en hâte pour Frank Logan ; le soldat anglais était pris d’une affreuse crise d’épilepsie, me conta-t-on ; quand j’arrivai, le pauvre gars, le regard chaviré, écumait sur son habit rouge, sur le frais bouquet de fleurs fixé aux boutonnières, se tordait aux bras de ses amis dans des râlements, des spasmes et des convulsions horribles, se raidissait dans des soubresauts qui lui disloquaient les articulations. C’était affreux.
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Frank retomba comme une masse, comme un ressort brisé.
En le voyant ainsi partir tout à coup, si triste, je compris jusqu’à quelle profondeur d’abîme son cœur était encore torturé ; va, il l’aimait bien toujours comme un fou, comme un pauvre fou, selon qu’il m’avait dit. Et c’était avec son cœur d’amoureux et de patriote qu’il ressentait toute sa douleur, qu’il subissait la torture si souvent renouvelée de voir passer Blanche au bras de Frank Logan.
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Je dis plus joli, moi, car la main dévastatrice de l’homme n’avait pas encore cherché à transformer les grandioses beautés de la nature, les grands bois tranquilles, les sources qui jaillissaient partout dans la montagne, les pans de rochers sauvages qui faisaient des angles dans les chemins, les treillis de lierre et de vignes le long des grèves du Richelieu.
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