Résumé

Portrait de Jean Moréas Jean Moréas Les Syrtes (1883-1884)

Comme un ramier mourant au fond des boulingrins :
Ne tente plus l’essor des rêves pérégrins
Traînant des ailes d’or dans l’argile infamante.
Viens par ici : voici les féeriques décors.
Dans du Sèvres les mets exquis dont tu te sèvres,
Les coupes de Samos pour y tremper tes lèvres,
Et les divans profonds pour reposer ton corps.
Viens par ici : voici l’ardente érubescence
Des cheveux roux piqués de fleurs et de béryls,
Les étangs des yeux pers, et les roses avrils
Des croupes, et les lis des seins frottés d’essence.
Source : Gutenberg

Portrait de Jean Moréas Jean Moréas Les Syrtes (1883-1884)

Que l’Automne se met à secouer les Roses,
Et que les jours rieurs s’effacent au lointain,
Et qu’il va s’éteignant le suave Matin :
— Et demain, c’est trop tard pour les Métamorphoses !
Les bras qui se nouent en caresses pâmées,
Le cordial bu du baiser animal,
Les cheveux qu’on tord, les haleines humées,
Des nerfs énervés apaisent-ils le mal ?
Source : Gutenberg

Portrait de Jean Moréas Jean Moréas Les Syrtes (1883-1884)

Blanche avec des cheveux plus noirs qu’un catafalque,
Frêle avec des rondeurs plus lisses que l’acier.
Dans le Jade se meurt la branche de verveine.
Les tapis sont profonds et le vitrail profond.
Les coussins sont profonds et profond le plafond.
Nul baiser attristant, nulle caresse vaine.
La voix, songeuse voix de lèvres devinées,
Éparse dans les sons aigus de l’instrument,
A travers les murs sourds filtre implacablement,
Irritant des désirs et des langueurs fanées.
C’est par l’effet trompeur de Maya que le principe intelligent paraît revêtu de tant de formes
Source : Gutenberg

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