Résumé

F.-M.-E. Dénoyer Épître à M. Thiers, par F.-M.-E. Dénoyer… (1840)

Chers enfants de la paix, il ne vous reste plus Qu'à nous l'honneur : l'honneur. c'est un rien superflu ; Que pour l'avoir banni l'univers vous estime, Et que le bon Gaulois suivra cette maxime.
–Voulez-vous être aimé, cessez d'être Français, Faites-vous délateurs du Russe ou de l'Anglais ; Et si ce n'est assez, même étant Aristarque, Vous serez bien reçu en habit de Cosaque.
Mais aussi gardez-yous de parler en héros; L'honneur et la vertu ne sont que de vains mots Capables de troubler et le ciel et la terre, Et de porter l'effroi dans l'antre du tonnerre.
Source : Gallica

F.-M.-E. Dénoyer Épître à M. Thiers, par F.-M.-E. Dénoyer… (1840)

Mais je dirai pourtant, en bravant la satire, Qu'en faveur du génie il est permis d'écrire, Et que, sans atteler au timon de ton char, Thémistocle, Aristide, Alexandre et César, Il est permis encor de placer un grand homme Au centre des grandeurs de la Grèce et de Rome, Et que, sans le couvrir de poussière et de feu, Entre tous ces héros il peut être au milieu.
Quel est le citoyen , dont la jalouse rage Voudrait en ce moment te ravir son suffrage, Et crier assez haut, quoiqu'on mentant tout bas : Il n'a pu nous sauver, Français, n'y croyez pas.
Source : Gallica

F.-M.-E. Dénoyer Épître à M. Thiers, par F.-M.-E. Dénoyer… (1840)

Car vous lui promettez gloire, honneur, industrie , Peut-être jusqu'aux Dieux de la mère-patrie, En usurpant la place où fut le dévoûment, Où le mérite enfin a parlé librement.
Croyez-vous que la France est encore ignorante ?.
Oh ! vous connaissez mal l'esprit qui la tourmente.
Egoïstes, sans foi, redoutez son courroux, Car l'orage en grondant viendra fondre sur vous ; Il vous débordera, sans choix, dans la tempête ; Il broiera sous ses pieds votre superbe tête; Âpres avoir appris à mépriser les rois , Il ne voudra pas même obéir à vos lois : Vous aurez beau vanter votre humaine sagesse.
Source : Gallica

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