Georges Rodenbach

Georges Rodenbach

Résumé

Portrait de Georges Rodenbach Georges Rodenbach,  La Petite Veuve

“ Jeanne. Folie !
Chantreuil. Eh non ! qu’est-ce que toujours sinon la minute où l’on croit à l’éternité des choses ? Toujours, c’est la perpétuité de l’amour dans l’enfant.
Jeanne (douloureusement) . Oui.
Chantreuil. Un petit enfant qui rit, qui jase comme un oiseau, qu’on aide à marcher... et qui vous le rend plus tard ! ...
Jeanne (brusquement) . Tais-toi ! tais-toi, Marcel, je t’en supplie !
Chantreuil. Qu’as-tu ?
Jeanne (froidement) . Rien. Mariez-vous. Qu’est-ce que cela peut me faire ? Moi je suis heureuse, veuve, la petite veuve, on m’appelle ainsi dans votre monde.
”
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Portrait de Georges Rodenbach Georges Rodenbach,  La Petite Veuve

“ Jeanne. C’est clair ! je n’aurais pas dû le demander. Vous êtes tous les mêmes. À vingt ans, vous lisez Mürger ; c’est le cœur et la chaumière ; vous n’épouserez jamais que la femme aimée. Vous faites de grandes professions de foi. Vous êtes les progressistes de l’amour, revendiquant le suffrage universel des femmes. Toutes, les plus humbles, les plus pauvres, sont admises à déposer leurs billets doux dans l’urne de vos cœurs ! ”
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Portrait de Georges Rodenbach Georges Rodenbach,  La Petite Veuve

“ Jeanne. Comment veux-tu que je te croie encore ?
Chantreuil. Si ! tu me crois ! c’est tantôt que tu ne me croyais pas, quand je parlais d’adieux !.. Est-ce qu’on délie les âmes ? Jeanne, tu es ma seule... ton rêve c’est mon rêve, ta vie sera ma vie... une vie intime...
Jeanne (comme extasiée) . Oui ! ce sera doux, doux !.. un salon tranquille... on jouera du Chopin, en sourdine, pour ne pas éveiller l’enfant, notre enfant...
”
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