“ Cependant il ne désespérait point encore d’obtenir une pacification du palatin l’archiduc Étienne, jeune prince élevé dans les idées et dans les mœurs magyares, qui semblait ainsi l’homme le plus propre à réconcilier la Hongrie avec l’Autriche. Depuis long-temps, on attribuait à l’archiduc Étienne des ambitions qui ne laissaient pas d’être grandes ; le patriotisme magyar s’était toujours plu à voir en ce prince une ressource, disons mieux, un chef pour les grandes éventualités. C’était une illusion comme toutes les espérances des Magyars. ”
Citations de Revue des Deux Mondes (H. D.)
“ On peut avoir fait des vœux pour le parti contraire, on peut avoir donné de préférence ses sympathies aux populations qui s’appuyaient sur l’Autriche pour s’affranchir de la domination magyare, on n’en doit pas moins une estime profonde et des regrets à des adversaires courageux. L’homme se trouve quelquefois placé dans des circonstances historiques vraiment fatales, où la noblesse des sentimens et la générosité des intentions l’entraînent hors du possible et du vrai. Plus il a de patriotisme, plus il s’écarte des voies de la prudence. ”
“ Tout prêt à traiter avec l’Autriche aux conditions qu’il lui faisait, il ne songeait, à l’égard des Slaves, qu’à resserrer davantage les liens de la conquête, en repoussant violemment toute idée de transaction. Kossuth, abandonné à lui-même, eût été dès l’origine un démocrate beaucoup plus fougueux, mais il eût peut-être poussé moins loin l’intolérance du magyarisme envers les Slaves. Si Kossuth est resté aveugle sur cette question jusqu’aux derniers temps de la guerre, il ne le devait peut-être qu’à l’impulsion qu’il avait reçue du patriotisme exclusif de Batthyany. ”
