Résumé

Portrait de Édouard Sayous Édouard Sayous Revue des Deux Mondes T. 14, 1876

De tels procédés ne sont pas dignes de ce grand peuple, ils l’ont compromis chaque fois qu’il s’y est laissé entraîner, comme l’ont compromis toutes ses velléités d’autonomie absolue. La force et la gloire des Magyars est d’être la nation libérale du grand empire du Danube, de le diriger au nom de son intelligence politique et de son glorieux passé, de s’assimiler des élémens trop faibles à eux seuls, mais capables de perfectionnement, par la puissante attraction des viriles institutions et du patriotisme.
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S’ils étaient pressans au point de laisser entrevoir une destruction imminente, on comprendrait que la nationalité hongroise, renonçant à des tempéramens inutiles, jouât le tout pour le tout et risquât la mort contre le triomphe. Bien au contraire, la modération et le bon sens suffisent, dans notre conviction, à conjurer les périls que les ennemis de la Hongrie se plaisent à exagérer.
La plupart des hommes éclairés du pays n’ont pas besoin qu’on leur prêche la concorde avec l’Autriche, surtout avec l’empereur François-Joseph, qui pour eux et sur leur territoire ne saurait être que le roi.
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Leur sécurité, encore affermie par la conscience de leur supériorité en richesse, en lumières, en esprit politique, sur les Slaves et les Roumains régnicoles, n’est pas telle qu’ils se croient dispensés de toute mesure de précaution. Seulement les mesures qu’ils prennent ne sont pas toujours bien inspirées, car elles ne sont pas toujours libérales, et mieux vaudrait qu’ils fussent réellement exempts de toute inquiétude, assez pour dédaigner tout moyen d’oppression.
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