Résumé

Portrait de Édouard Sayous Édouard Sayous Revue des Deux Mondes T.99, 1872

Ce que l’on détestait jusque-là dans la Prusse, c’était la vieille alliée de la Russie. Plus on voyait que les progrès militaires de l’Allemagne mécontentaient le parti national russe et le faisaient pencher en faveur de la France, plus les Hongrois se disaient que tout n’était pas mauvais dans les victoires prussiennes, puisqu’elles effrayaient le Moscovite, le vainqueur de 1849, l’éternel ennemi. Rien n’a plus contribué à réconcilier les Magyars avec les changemens subis par la situation politique de l’Europe, et à leur faire accepter sans réclamation ni déplaisir l’hégémonie allemande.
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Ces partis eux-mêmes, quelque sincères, que fussent leurs sympathies pour la France, ne songeaient à rien moins qu’à porter atteinte à la neutralité observée par l’Autriche-Hongrie. Les vœux exprimés tour à tour par les deux côtés de l’assemblée en faveur des Français n’ont jamais cessé d’être platoniques ; jamais ils n’ont été de nature à entraîner les Magyars dans une alliance quelconque ou dans une sérieuse intervention. La nation hongroise éprouve depuis quelques années la lassitude permise aux vieux soldats ; elle a, plus que toute autre, prodigué son sang de siècle en siècle.
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En effet, les auteurs du dualisme ne pourraient trouver une grande satisfaction à lui porter le coup mortel. Sans une armée commune, on ne saurait trop le répéter, l’empire d’Autriche n’existe plus, pas plus l’Autriche-Hongrie que la vieille Autriche de Metternich ; il faut qu’au moins les armes savantes et un certain noyau de troupes permanentes continuent à représenter l’union, sinon l’unité des divers peuples qui reconnaissent la souveraineté des Habsbourg.
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