Résumé

Portrait de Émile de Laveleye Émile de Laveleye L’Allemagne depuis la guerre de 1866…

Je ne sais rien qui fasse plus d’honneur à la Hongrie que l’influence extraordinaire, souveraine, exercée par Deák, même sur ses adversaires, car il n’a rien de ce qui d’ordinaire charme, séduit, entraîne un peuple. Il n’a ni l’éloquence irrésistible de Kossuth, ni les mots brillans de Széchenyi, ni les vues générales d’Eötvös, ni les éclats de tonnerre de Wesselényi. Sa voix, claire et agréable, manque de ce timbre particulier qui remue les nerfs et fait vibrer les cœurs. Son débit est facile, mais uniforme. Quand il parle il fait peu de gestes.
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Celui-là seul est craintif et lâche qui songe à sa propre personne là où l’intérêt de la patrie est en jeu; mais il ne mérite pas ce reproche, celui qui, sans s’inquiéter de son intérêt particulier, ne songe qu’au péril de son pays. Quand il ne s’agit que de nous, nous pouvons courir les hasards; quand il s’agit de ceux qui nous ont confié leur destinée, du sort de la patrie, alors il ne faut rien risquer, la prudence est un devoir. Il nous faut tout risquer pour la patrie, mais nous ne pouvons risquer la patrie elle-même.
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C’est à cette école que se sont formés tous les hommes d’état, tous les orateurs de la Hongrie ; c’est par cet organe que l’amour de la liberté a pénétré jusque dans les derniers rangs du peuple. Un pays s’enorgueillira en vain de posséder dans sa capitale un parlement éclatant de lumières et d’éloquence : si dans les provinces il n’y a que des institutions locales privées de vie, d’action et d’indépendance, le régime parlementaire n’aura ni racines dans la nation ni garanties de durée.
Antoine Deák, le frère aîné de François, était député du comitat de Zala à la diète.
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