E. de Langsdorff

Résumé

E. de Langsdorff Revue des Deux Mondes

II Le Mariage de Figaro n’avait pas préparé la révolution, ai-je dit, il l’avait annoncée. Elle suivit de près, renversant ou transformant tout, les trônes et les théâtres, renouvelant, comme ces grandes eaux dont parle l’Écriture, la face même de la terre. Les improvisateurs politiques de l’assemblée constituante n’avaient garde d’oublier le théâtre dans ce monde nouveau que fabriquaient leurs décrets. La constitution de 1791 plaça la liberté des théâtres au rang des droits de l’homme et du citoyen. La politique s’empara aussitôt de la scène.
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E. de Langsdorff Revue des Deux Mondes

Quand Cicéron avait prononcé une de ses immortelles harangues, il croyait que Rome était sauvée, et qu’il ne restait plus qu’à rendre grace aux dieux. Il restait à gouverner, et c’était alors que la faiblesse du caractère et de la conduite contrastait péniblement avec la magnificence du langage.
César parlait aussi, mais il agissait surtout. « Cet homme ne dort ni ne s’arrête jamais, » disait avec effroi Cicéron. Le jour où l’homme d’action, le vainqueur des Gaules, se trouva en face de l’homme de la tribune, le gouvernement de la parole dut périr.
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E. de Langsdorff Revue des Deux Mondes

Au milieu de l’ardeur stérile des débats parlementaires, un travail désorganisateur, je ne sais quelle conspiration du mauvais esprit se faisait jour dans les derniers rangs de la société : — que d’hommes, je l’ai dit en commençant, n’ont jamais eu d’autre image du monde et presque d’autre rapport avec la société que par le théâtre ! C’est un malheur, c’est le malheur inévitable surtout des grandes villes ; on est si près et si loin ! On s’ignore, on est étranger les uns aux autres, et comme dans l’antiquité ce mot d’étranger signifie presque ennemi.
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