Édouard Thouvenel,
Revue des Deux Mondes
“ Le quai de Belgrade n’est qu’un marais fangeux sans cesse remué par des troupeaux de porcs et des nuées de corbeaux, et les fenêtres d’un hôpital s’ouvrent sur ce cloaque, tout exprès pour en recevoir les exhalaisons malsaines. Nous montâmes d’abord à la forteresse, qui est restée au pouvoir des Turcs, quoique la ville appartienne au prince Milosch. Les crevasses des murailles ressemblent de loin à de nobles cicatrices ; mais on voit bientôt qu’elles ne sont que des ruines honteuses. La dernière ligne de remparts s’écroule de tous côtés, les Turcs laissent à Allah le soin de la relever. ”
