Blaze de Bury

Résumé

Blaze de Bury Revue des Deux Mondes

Après avoir campé à Melegnano, les Autrichiens s’avancèrent sur Lodi, où le maréchal passa l’Adige. Ce fut là que vint l’atteindre la nouvelle de la défection de Venise. Un pareil coup manquait à ses désastres. Que toutes les villes de terre ferme eussent obéi au mot d’ordre de la capitale, c’était un grand dommage, mais qui pouvait se réparer, tandis qu’aux yeux des moins clairvoyans, Venise perdue, c’était le coup de mort porté aux destinées de l’Autriche en Italie. Quelle force morale la révolution n’emprunterait-elle pas d’un tel triomphe !
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Blaze de Bury Revue des Deux Mondes

Le budget est un non moins grand maître que le temps, et les pays à déficits réguliers ne peuvent se permettre certains actes, celui par exemple de se mettre l’Europe moralement à dos. Ce qui rend d’ailleurs la réaction impossible, c’est le caractère même du peuple autrichien. Tout jeune, tout embarrassé de lui-même qu’il soit dans la carrière politique, ce pays d’Autriche possède déjà un vrai public, une opinion publique, non-seulement saine et sagace, mais élevée. Ce qu’on peut nommer le peuple autrichien a eu de tout temps la nature, les instincts les plus honnêtes
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En écrasant la révolution en Italie, l’armée autrichienne combattait pour la cause de l’ordre européen, et c’est à ce titre qu’elle a mérité tant de sympathies. Qu’il y eût ensuite à ses yeux dans la question sociale une question politique, personne n’en saurait douter. Un grand empire ne se laisse point ainsi démembrer sans coup férir ; mais, je le répète, c’est là une question qui regarde les traités, et ceux qui ne pardonnent point à l’Autriche d’avoir maintenu par la force ses droits sur l’Italie n’ont qu’à refaire la carte de l’Europe.
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