Résumé

Portrait de Émile de Laveleye Émile de Laveleye V. — L’Autriche et sa constitution nouvelle

L’Autriche était incapable de résister à un pareil choc. Elle tomba dans le chaos. Allemands, Italiens, Tchèques, Croates, Roumains, Serbes, Hongrois, se ruèrent les uns sur les autres, et cette guerre de races, la plus épouvantable de toutes parce qu’elle aboutit à l’extermination, semblait conduire l’empire des Habsbourg à une inévitable dissolution. Nul n’a oublié avec quelle habileté le prince de Schwarzenberg profita de la haine même de ces nationalités pour les vaincre les unes par les autres et pour restaurer le pouvoir absolu.
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Pour que les diverses nationalités ne parvinssent point à s’entendre dans un commun besoin d’émancipation, on les tenait isolées ; on excitait leurs défiances, leurs haines réciproques, et au moyen des unes on opprimait les autres. L’unité apparente s’établissait. Au fond couvaient ces animosités de race qui ont éclaté depuis et qui font le désespoir des ministres d’aujourd’hui. L’Autriche, ainsi ramenée au moyen âge, privée de tout développement intellectuel, de tout éclat littéraire, perdait son prestige aux yeux de l’Allemagne et préparait sa propre déchéance.
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Cet empire, qui semblait fatalement voué au despotisme, pesait comme une chape de plomb sur l’essor des peuples de l’Europe orientale et méridionale. Aussi que de sympathies s’acquit la France quand en 1859 elle lui porta le coup qui affranchissait l’Italie, et qui devait bientôt précipiter la formation de l’unité germanique ! Les hommes d’état anglais, qui persistaient à croire que l’empire d’Autriche était indispensable à l’équilibre européen, étaient honnis comme les représentans aveugles d’une politique égoïste et surannée.
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