Henri Roullaud

Henri Roullaud

Résumé

Portrait de Henri Roullaud Henri Roullaud Le chien et le mendiant

Ils questionnèrent le mendiant, puis examinèrent le chien qui se cramponnait à la vie dans l’espoir de voir les enfants avant d’aller pourrir sur le tas de fumier.
Le père Robin ne dit rien. Seulement il déchargea son fusil bourré de plombs et le rechargea à balle.
— Ôtez-vous, dit-il au mendiant.
L’homme obéit.
Le chien paraissait comprendre. Il regarda ses maîtres, le mendiant pitoyable et oublieux, la forêt sauvage, le ciel infini. Puis il agita la queue, allongea son museau dans la neige et attendit la mort.
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Portrait de Henri Roullaud Henri Roullaud Le chien et le mendiant

Nous sommes confrères en malheur. Ah ! mon pauvre vieux, va ! si on se connaissait, ici-bas, on ne se ferait jamais de mal, dans ce triste monde où l’on se tue pour vivre.
Rateau leva la tête. Un éclair de reconnaissante tendresse éclatait dans ses yeux obscurcis. L’homme le prit par le cou, colla un baiser prolongé sur son museau humide, et le chien lui zébra la face d’un large coup de langue qui ramassa les deux larmes prêtes à tomber des yeux du pauvre bougre.
❖ À ce moment les Robin apparurent.
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Portrait de Henri Roullaud Henri Roullaud Le chien et le mendiant

À grands coups de son bâton noueux, l’homme repoussait les assauts de la bête et battait lentement en retraite, se cognant aux arbres, se heurtant à la nuit qui l’entourait partout, s’enfonçant dans une traîtresse crevasse remplie de neige, trébuchant sur les troncs pourris, qui, invisibles, s’entrecroisaient sous ses pas.
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