Jean-Baptiste Tenant de Latour

Résumé

Jean-Baptiste Tenant de Latour Mémoires d’un bibliophile

En marchant, elle vit quelque chose de bleu dans la haie, et me dit : Voilà de la pervenche encore en fleur. Je n’avais jamais vu de la pervenche, je ne me baissai pas pour l’examiner, et j’ai la vue trop courte pour distinguer à terre des plantes de ma hauteur ; je jetai seulement, en passant, un coup d’œil sur celle-là, et près de trente ans se sont passés sans que j’aie revu de la pervenche ou que j’y aie fait attention.
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Jean-Baptiste Tenant de Latour Mémoires d’un bibliophile

J’avais à peine fait vingt pas sur le pont, tout en feuilletant le précieux volume, que déjà je lisais à la marge d’une page ces deux lignes traduites d’un demi-paragraphe du livre Ier, chapitre x : « Puisqu’il nous est si rare de nous taire avant d’avoir blessé notre conscience. » Le doute n’était plus possible ; l’écriture de Rousseau était là dans toute sa caractéristique netteté. J’allais, je feuilletais toujours, remarquant que la plus grande partie du volume était soulignée, mais ne trouvant plus rien d’écrit à la main.
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Jean-Baptiste Tenant de Latour Mémoires d’un bibliophile

Il soutint, en riant, que c’était, sans aucun doute, la fleur même qui avait tant ému Rousseau. Les anciens attribuait aux poëtes le don de connaître l’avenir et les choses cachées. Cette fois-là, du moins, le jeune poëte avait deviné.
Je crois avoir porté à un assez haut degré de certitude la petite démonstration dans laquelle je suis entré ici. Nous nous formons assurément quelquefois, nous autres amateurs, de bien étranges chimères. Que d’admirables créations, sorties de notre cerveau, se sont souvent évanouies devant un sérieux examen !
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